Par Orient-Tapis Prestige, Paris 7ᵉ · · 5 min de lecture

L’essentiel
- Quatre vues suffisent pour commencer : le tapis entier de face, le dos, un gros plan du velours et un gros plan du dos avec un mètre posé à côté.
- Photographiez à la lumière du jour, sans flash, le téléphone bien au-dessus du tapis pour éviter toute déformation.
- Ajoutez les dimensions hors franges, les défauts visibles et tout ce que vous savez de l’histoire de la pièce.
Pourquoi les photos décident de la justesse de l’estimation
Sur un écran, deux tapis de même taille et de mêmes couleurs peuvent se ressembler à s’y méprendre. L’un peut pourtant sortir d’une production courante, l’autre d’un atelier de ville au nouage très fin. Ce qui les distingue se lit à des endroits précis : le dos, la base du velours, les côtés, les extrémités. Si ces endroits manquent sur vos photos, nous ne pouvons donner qu’une fourchette large, et nous vous le dirons.
À l’inverse, une série de clichés bien faits nous permet de situer l’origine probable, d’apprécier la densité du nouage et de repérer les réparations anciennes. L’échange devient utile avant même un déplacement : vous savez si la pièce mérite d’être examinée en vrai, et nous savons quoi regarder en arrivant. Les critères que nous relevons sont détaillés sur notre page consacrée au rachat et à l’estimation des tapis d’Orient.
Préparer le tapis et la lumière
Avant de sortir le téléphone, prenez cinq minutes pour installer la pièce.
- À plat, entièrement déroulé. Poussez la table basse, retirez les chaises. Un coin replié ou un pied de meuble posé dessus cache souvent l’endroit qui compte.
- À la lumière du jour. En automne et en hiver, la meilleure lumière d’un appartement ancien arrive en début d’après-midi, près des fenêtres. Éteignez les plafonniers : leur teinte jaune ou bleutée fausse les couleurs.
- Sans flash. Il écrase le relief du velours et fait briller les fibres. Si la pièce est sombre, rapprochez le tapis de la fenêtre plutôt que d’ajouter une lampe.
- Propre en surface, sans plus. Un passage d’aspirateur sans brosse rotative, dans le sens du poil, suffit. Une tache ou une usure doit rester visible : la cacher ne ferait que retarder la bonne réponse.
Si le tapis est accroché au mur, photographiez-le d’abord en place, de face, puis décrochez-le si vous le pouvez sans risque : le dos d’une pièce suspendue est souvent celui qui a le plus à dire, car il a pu être doublé d’une toile ou recousu.
Pour un très grand tapis, il est rarement possible de tout cadrer depuis le sol. Montez sur un escabeau stable, ou placez-vous à l’une des extrémités en tenant le téléphone le plus haut possible. Ne vous mettez jamais en équilibre sur une chaise ou sur un meuble.
Les photos à prendre, dans l’ordre
1. Le tapis entier, de face
Cadrez toute la pièce, franges comprises, en tenant le téléphone parallèle au sol. Une photo prise de biais transforme le rectangle en trapèze et rend les proportions du dessin illisibles. Prenez-en deux, une depuis chaque extrémité : le velours renvoie la lumière différemment selon le côté d’où on le regarde, et les couleurs peuvent changer d’une vue à l’autre.
2. Le dos, en entier puis de près
Retournez le tapis, ou au moins un grand coin. Le dos montre la netteté du dessin, la régularité des nœuds et les reprises anciennes. Faites ensuite un gros plan d’une zone grande comme la paume, avec un mètre ruban ou une règle graduée posés bien à plat : c’est ce qui nous permet de compter les nœuds sur une longueur connue.
3. Le velours de près
Écartez légèrement le poil avec deux doigts et photographiez la base des fibres. On y voit la qualité de la laine, la présence éventuelle de soie, et parfois des couleurs plus vives qu’en surface, restées à l’abri de la lumière.
4. Les côtés et les extrémités
Une photo de chaque lisière et des deux rangées de franges. C’est là que se cachent le plus souvent les réparations, les surjets refaits ou les galons rapportés.
5. Les détails qui racontent quelque chose
Une inscription tissée dans la bordure, une étiquette cousue au dos, une date, un numéro : photographiez-les de près, bien nets. Faites de même pour chaque défaut, trou, brûlure, zone rase ou tache, avec une vue plus large qui situe l’endroit sur le tapis.
Mesurer sans se tromper
Les dimensions pèsent autant que les photos : un grand format et un tapis de couloir ne trouvent pas preneur de la même façon. Mesurez au mètre ruban, tapis à plat :
- la longueur, du début à la fin de la partie tissée, sans les franges ;
- la largeur, d’une lisière à l’autre, à trois endroits si le tapis paraît irrégulier ;
- la longueur des franges à part, si vous le souhaitez.
Si les largeurs relevées aux deux bouts diffèrent nettement, signalez-le. Un tapis qui n’est plus d’équerre a parfois été déformé par un séchage suspendu ou par une restauration maladroite, et cela change le travail à prévoir. Notez enfin si le tapis est rond, ovale ou de forme irrégulière : la mesure se prend alors sur les deux plus grandes dimensions.
Ce qu’il faut joindre, et ce qui ne sert à rien
Avec les photos, quelques lignes suffisent. Dites-nous d’où vient le tapis si vous le savez, quand il a été acheté ou reçu, s’il a déjà été lavé ou réparé, et ce qui vous amène à le faire estimer. Une facture ancienne, un certificat, une lettre de famille, même incomplets, aident à situer la pièce : photographiez-les aussi.
Évitez en revanche les filtres, le mode portrait qui floute l’arrière-plan et les retouches automatiques de couleur. Évitez aussi l’unique photo prise de loin dans la pièce meublée : elle montre l’ambiance, pas le tapis.
Tout peut passer par le formulaire du site, par e-mail ou par WhatsApp. Si vous avez plusieurs pièces, numérotez-les et gardez le même numéro dans le nom des photos et dans votre message. Pour un ensemble à partager entre proches ou à présenter à un assureur, une estimation écrite et détaillée reprend ces éléments tapis par tapis.
Après l’envoi : ce que permet l’estimation à distance, et ses limites
À partir de photos complètes, nous vous répondons par écrit avec une fourchette et les raisons qui l’expliquent : provenance probable, finesse, matière, état. C’est une première lecture. Certains points ne se vérifient qu’en main : le toucher de la laine, la souplesse du dos, une odeur d’humidité, une restauration habilement dissimulée.
Si la pièce le justifie, nous la voyons ensuite chez vous ou à la boutique de la rue de Babylone, où les tapis se déroulent à plat sous la lumière du jour. Vous restez libre de vendre ou non. Et si vous préférez garder votre tapis une fois examiné, notre atelier de lavage et de restauration peut le remettre en état. Une question avant d’envoyer vos photos ? Appelez le 07 49 23 76 50.


